● Contrairement aux solutions Cloud classiques, le Telco Edge/Cloud combine la puissance de calcul à l’intelligence du réseau pour offrir des services à valeur ajoutée comme par exemple la gestion de la QoS. C’est notamment le cas pour le pilotage des robots industriels ou le développement des villes intelligentes, nécessitant une latence ultra-faible et une fiabilité élevée.
● En traitant les données localement, cette innovation garantit la sécurité des informations sensibles, leur localisation et réduit les coûts de transit des données liés à leur usage dont l’IA. La Edge Federation, en étendant les capacités locales, ouvre ainsi la voie à un maillage d’infrastructures virtuelles européennes.
Passer par un service cloud d’un hyperscaler pour des applications métiers comporte de nombreuses limites. Pour des applications critiques comme la robotique industrielle ou la gestion de flux urbains, les entreprises ont de pl
us en plus besoin de déployer, sur site, des petits modèles d’IA spécialisés et customisables. Elles souhaitent également renforcer leur capacité d’apprentissage localement. Or pour l’heure, elles ne peuvent pas disposer d’une visibilité claire sur la disponibilité du réseau, essentielle à celle des applications et des modèles. « Seul un opérateur peut fournir les informations de réseau nécessaires pour garantir une qualité de service et une performance déterministe », explique Rida Zouaoui, Head of access networks standardisation chez Orange. « Les clients ont besoin de maîtriser la localisation de leurs flux de données et le cloud ne doit plus se limiter uniquement à la centralisation du stockage. Avec l’essor de l’IA, ils cherchent également à limiter la facture liée au transit de ces dernières. » C’est l’une des nombreuses raisons qui ont poussé Orange et quatre autres opérateurs européens, Deutsche Telekom, Telefonica, Telecom Italia et Vodafone, à créer la Edge Federation. « L’objectif est d’offrir un service parfaitement harmonisé à l’échelle européenne pour du edge computing. Il ne s’agit pas d’une solution qui allie uniquement puissance de calcul et stockage, mais une solution qui tire profit de ces services ainsi que de la puissance des réseaux des membres de cette fédération. » Objectif : créer un one-stop-shop pour les grands comptes qui ont besoin de déployer des applications dans toute l’Europe.
Avec la Edge Federation, un partenariat avec un opérateur dans un pays apporte un accès aux mêmes services dans tous les autres pays tout en maintenant un traitement local des données.
Faciliter les déploiements d’application dans toute l’Europe
L’idée est simple : au lieu d’envoyer la donnée outre-Atlantique, on rapproche la puissance de calcul au plus près de l’utilisateur, directement dans les infrastructures réseau. « C’est une forme d’itinérance du cloud qui permet d’apporter la même disponibilité applicative à un industriel qui, par exemple, dispose d’usines dont le fonctionnement doit être similaire dans trois pays européens. En temps normal, il doit négocier avec chaque opérateur, ce qui est laborieux. Avec la Edge Federation, un partenariat avec un opérateur dans un pays apporte une couverture et les mêmes services dans tous les autres pays », précise Rida Zouaoui. La Edge Federation répond à trois enjeux majeurs que sont la simplicité de déploiement, l’ubiquité des applications et la résilience, explique Marianne Mohali, Head of the Networks Strategy Department chez Orange : « Si un serveur est indisponible dans un pays, le partenaire du pays voisin peut prendre le relais immédiatement. » Cette approche offre une solution hybride entre la dépendance à un hyperscaler unique soumis à des contraintes énergétiques et pressions géopolitiques, et le déploiement de serveurs physiquement sur des sites clients.
Une solution sécurisée et souveraine pour l’IA
Rida Zouaoui : « En conservant les données des clients sur le sol européen, nous répondons à une exigence de souveraineté. » Cette souveraineté est un besoin croissant pour les entreprises européennes. De fait, un avionneur européen disposant de différents sites industriels aurait intérêt à travailler avec des acteurs de confiance et s’assurer, pour des raisons réglementaires, que ses données ne se retrouvent pas en Chine ou aux Etats-Unis. « En Allemagne, Deutsche Telekom a par exemple créé une AI Factory pour s’assurer que l’IA apprenne et traite l’information localement, où elle est consommée, avec la meilleure sécurité. » Orange et ses partenaires européens ont déjà réalisé des tests en conditions réelles, afin de s’assurer que ces systèmes savent dialoguer et s’interconnecter. « Au Mobile World Congress, nous démontrons qu’Orange et ses partenaires européens ne fournissent plus seulement de la connexion, mais une véritable plateforme intelligente et unifiée pour toute l’Europe. »
Marianne Mohali
Rida Zouaoui







